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Un amoureux transport enveloppe mon cœur,
Mes sens et ma raison, aussi je veux décrire,
Avec mille parfums, l'agréable douceur,
De vivre à ses côtés tant sa beauté m'inspire,
Oui, je l'aime vraiment, je l'aime même au point
Que mon âme se trouble et ressemble à l'abeille,
Chaque fois que ses yeux entrouvrent avec soin,
Aux pages de l'aurore, une rose vermeille,
Comme l'eau d'un grand fleuve inonde ses abords,
L'amour que j'ai pour elle est plein de démesure,
Il croît à chaque instant quand j'admire son corps,
Quand j'effleure les lys de sa belle nature,
Dés le premier moment, d'elle j'ai tout aimé,
Tout ce que j'aime prend le contour de son visage,
Il me semble que tout porte sa volupté,
Son charme étourdissant j'en veux faire étalage,
J'ose vous l'avouer, Marie est le joyau,
Le soleil de ma peau, ma sainte nourriture,
Rose de mon jardin, c'est même le cadeau,
Que rêvait tant ma plume et j'en prends la mesure,
J'aime la contempler sous l'or de l'abat-jour,
En petite nuisette à l'heure douce obscure
Où sa grâce au miroir se mire avec amour,
Où le soir sanctifie un peu plus sa cambrure,
Dans ses longs yeux charmants, je cueille des œillets,
Sous ses cils émouvants la clarté de la lune,
A force d'abandon, je sais tous ses secrets,
Auprès de ses trésors ma joie a fait fortune,
D'une caresse d'or, je viens là refleurir,
Les sillons de son cœur, le nid bleu de son âme,
L'inaccessible fleur naitra pour son plaisir,
De l'ange Laotien, restera cette flamme
Je puis le dire enfin, comme avait fait Ronsard,
Au jardin éternel pour sa divine Hélène,
J'ai graver son prénom, un peu de son regard,
Au milieu d'un grand cœur sur l'écorce d'un chêne
Ainsi comme le tronc mon amour s'agrandit,
Il tresse de doux liens, notre intime tendresse,
D'un grand bouquet de vers, je vise l'infini,
Je veux chanter toujours l'hymne de ma princesse.
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