|
Pour vous monsieur, mon époux, toute mon inimitié,
Je vous l'a vomi au visage, comme des menus indigestes,
des fruits insipides, et des vins frelatés,
Comme tous vos serments d'amours captieux
que vous m'avez fait avaler, endurer jusqu'à en être profondément écoeurée.
Toutes vos paroles grâcieuses, attirantes comme des subtiles fragrances
n'ont été que des présents empoisonnés,
Avec lesquelles, comme une nixe nicette,
je me suis laissée énivrer durant toutes ces années.
Je me suis laissée asservir en aveugle à vos charmes trompeurs,
et à votre austérité outrancière,
Comme une héroînomane accrochée atrocement à son addiction,
à sa prédatrice comme vous, qui va la faire plonger indéniablement
dans la descente des enfers.
En plus, vous m'avez outragé, conspué, mollesté,
Avec vos gifles, vos coups de poings aussi dévastateurs que les martèlements
du forgeron sur l'acier,
Jusqu'à ce que je suffoque sans discontinuités.
Et le pire! mes aveux devant un juge, que j'ai laissé couler comme mon sang,
pour dénoncer mon injustice, et mes mers de supplices,
Sont encore malheureusement, cruellement classées sans suite par la justice.
Qui raffermit l'outrage de ma dignité,
En embrasant la prolifération de ces bourreaux,
et la résurgence odieuse de leurs perversités.
Femmes battues, je vous aime à perpétuité,
Vous avez toute ma déférence, je vous verse des larmes
emplies d'amours et de sincèrités.
|