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Prends soin de ton image et souviens-toi toujours,
Du tendre paysage au bonheur de l'orée,
Des coquelicots, rouge au soleil des beaux jours,
Que dévoraient les blés au point de la journée
Et du tranquille Doubs du côté de Bavans,
Serti de nénuphars aux abords des vieux frênes
Où jouait le reflet, chrysolithe en suspens,
Répondant à l'azur des vagues porcelaines,
Prends bien le temps ma fille au long de ton chemin,
De reboire à la source, adapte à ta pensée,
L'or, d'un havre de paix, le doux silence emprunt
Aux cerisiers en fleurs, sur la plaine dorée,
Si tu veux être heureuse, aime autant le passé,
Que le charmant présent, imite l'alouette
En buvant dés l'aurore, amour et volupté,
Accorde au souvenir une osmose parfaite,
Puisse-t-il à jamais parfumer tes chagrins
Et suspendre au clocher de ta mélancolie,
L'émouvante douceur de la paille et des grains,
Pour recoudre à ton cœur la rose symphonie.
S'il tombe de tes yeux une larme ce soir,
C'est que dans ton esprit, se rallume une flamme,
Qui renait doucement, comme on ouvre un tiroir,
En saupoudrant de l'or au livre de ton âme.
Quand chante un rossignol au bois de ton esprit,
La louange des jours et la beauté du monde,
Qu'il fait si chaud en toi que ton front le bénit,
Repense à ta maman pour que l'amour se fonde,
D'un tendre sentiment à l'entour de ton cœur,
Qui puisse réveiller ton enfance candide,
Où la rose de mai caressait ta langueur,
Aux pages d'un roman qui te semblait splendide.
J'aimerais recevoir une lettre de toi,
Pareil au fleuve bleu traversant l'Italie,
Connaitre la saveur, d'un aveu maladroit,
Cri d'une passion pour l'humble poésie,
De t'attendre rêveur au foyer solennel,
A l'heure où le soleil verse l'or sur l'église,
A travers les vitraux, jusqu'aux fleurs de l'Autel,
De revoir ton regard que le rire angélise.
Je t'offre par ces vers mon noble attachement,
A ta douce maman, ainsi qu'à sa mémoire,
Son prestige lointain en moi reste présent,
En me faisant l'effet d'une île obligatoire,
Alors un jour prochain quand je refermerai,
Dans le frisson des ans, mes yeux à la lumière,
Sache bien ma Sophie avant de me juger,
Qu'une place en mon cœur s'embrase pour ta mère.
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