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Saveur au mois des nids, ceint de douces pâleurs,
A l'heure où la fauvette arrive avec les fleurs,
Sous chaque cerisier, avril est un suaire,
Et le moindre vallon devient un sanctuaire,
Tout nous parle de mai, d'amour à chaque pas,
Même la sève coule aux branches des lilas.
Au festin des vergers se gavent les abeilles,
L'alouette en rêvant nous gâtent les oreilles,
Chaque être est un calice accueillant le désir,
Que touche le soleil comme un divin saphir:
Au revers du rocher la source balbutie,
Avant les foins coupés et la tendre ancolie,
Avant même l'été, la rose à son printemps
Angélise le vent, enchante les amants,
Au rêveur, au poète, avril ouvre sa porte,
Tout mot est une fleur qu'un souffle d'or emporte.
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