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Ce matin dans un livre à ma grande surprise,
J'ai retrouvé la fleur, d'un éminent printemps,
Ce cadeau de mes doigts pour ma princesse exquise;
Entre deux feuillets fins dormait depuis trente ans
Au chapitre du cœur, cette tendre pensée
Relique d'un amour sagement immortel,
Comme un couchant d'avril sous l'arche de l'orée,
Exaltait mon esprit d'un baume fraternel,
Devant ce cher trésor, à genoux, lèvres closes,
Mon regard s'est fixé sur ces pâles couleurs,
Emouvant souvenir d'un grand jardin de roses,
Arôme si discret de lointaines saveurs,
Dont s'imprègnent les sens de façon ineffable,
Ces moments de bonheur, volages papillons,
Que le temps assassine en écrivant la fable,
D'une ballade en mai sous les divins flocons,
Reprendre le chemin d'une première histoire,
Qui se plait à fleurir, âme des jours anciens,
Monument du passé sur un socle d'ivoire,
Madeleine de Proust et des épicuriens,
De ces jours écoulés ne restent qu'une empreinte,
Que nul bouquet jamais ne peut même égaler,
Le don de cette fleur ravive ma défunte,
La force d'un amour c'est de toujours aimer.
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