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Ni la rose Ronsard, ni les recoins de France,
Ne fleurirent mon cœur autant que ta beauté,
Ne surent m'émouvoir comme ta quintessence
Qui féconde en mes doigts cet envoi mérité,
L'aimable épanchement cette aile en or, de l'âme,
Cristallise mes mots, touche d'un même lien,
Mes sens et ma raison, je t'aime tant ma femme
Qu'un hommage touchant sur ma plume s'en vient,
Point d'amour sans tes yeux, il faut être sincère,
Le but de cette lettre en somme est un aveu,
J'avoue avec franchise et d'une main légère,
Si mon cœur est épris, si mon âme est en feu,
Je le dois à tes yeux, à ta folle élégance,
Ton céleste sourire alimente mes vers,
Bien du respect s'impose en ce temps de bombance,
Je veux bien te l'écrire à l'endroit, à l'envers,
L'amour pour tes beaux yeux, chaque jour fait éclore,
Au nid de ma tendresse, un archet merveilleux;
De mon roc amoureux, j'y vois poindre l'aurore,
Le miel de ton regard, c'est l'encre de mes cieux,
Je le sais maintenant, je le sens tant je t'aime,
Tous les jours me seront, de la rose à l'émail,
Un émouvant bonheur, sans le moindre carême.
Dans un coffret d'argent tapissé de corail,
Je dépose mes mots que font vibrer ma lyre,
Ce joyeux rossignol au désir de l'instant,
Devient le bleu serment que je voudrais élire,
Au faîte de l'amour sur un mont d'Orient,
Aucune autre que toi ne mérite l'estime,
La verve de mon front, admirable flambeau,
Ton image se dore au soleil de la rime,
Ton charme étincelant je n'en sais de plus beau.
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