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En retrouvant Bavans, ma jeunesse renaît,
Je ressens le bonheur couler à la fontaine
Où le tendre frisson de la source en forêt
Racontant son histoire à l'ombre souveraine,
C'est là, que mon enfance aimait rêver de fleur,
D'une riante fille au doux visage d'ange.
Qui n'a pas attendu lors d'avril, l'âme-sœur,
En savourant le babil d'une tendre mésange?
Qui donc n'a pas cueilli dans un secret vallon,
L'anémone Sylvie où la jaune jonquille,
Lorsque au pâle matin, s'élève la chanson
Du troublant rossignol au cœur de la charmille,
A l'âge ou la tendresse épouvante d'amour
Et l'esprit, et les sens, quand le silence invite,
L'âme à philosopher sur la beauté du jour,
Sur les aveux ardents, que la douceur invite.
La sève d'une rose exalte un bon parfum,
Pour moi jadis, aussi, sa lumière m'inspire,
Sur l'aile ambre des ans, hier est un chemin,
Ce rayon de soleil demeure mon empire.
Chef-d'œuvre du passé, pépite de ma chair,
L'album aux souvenirs est un touchant volume,
Il dort à mon chevet, tant ce livre m'est cher,
Son éminant pouvoir émerveille ma plume,
Un trouble me saisit quand je fais face au Doubs
Le long du vieux moulin, cette rive enchanteuse,
Affole mon regard, l'eau vive et ses bijoux
Fiancent ma raison à l'ombre lumineuse,
Ainsi j'aime songer sur un coussin herbeux,
Aux beaux jours de juillet, à mon généreux père.
Comment ne pas bénir le souffle savoureux
Rappelant les étés au charme légendaire,
Le temps les a ravis, un rêve me les rend,
Baume sur ma douleur, une fleur à ma lèvre,
Ressuscite autrefois, sous les traits d'un enfant
Le passé refleuri, l'eau pure est une orfèvre,
J'aime à blottir mon cœur dans l'écrin des blés blonds
Quand l'astre redescend vers le dais du feuillage,
Dans la paix d'un beau soir, à l'heure où les grillons
Angélisent les cieux et la plaine sauvage,
Un immortel amour touchant Adagio,
Caresse mon esprit, chaque fois que la brume,
S'élève du lointain, le ciel comme un joyau,
Pareil à ma pensée, à l'ouest se consume,
Je peux revoir alors, dans un cadre ceint d'or,
Mes proches disparus, que la distance attise,
Défenseur du passé, je garde ce trésor,
Pour les êtres aimés mon âme est une église.
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