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Complainte de l’immigrant
J’ai laissé derrièr’ moi un pays qui m’est cher,
J’en ai le cœur meurtri, la pilule est amère,
La blessure est profonde, elle a laissé ma chair
A vif, ensanglantée, et je suis sans repaire.
Ce n’est pas par plaisir que j’ai dû fair’ ce choix
Ni pour vous ennuyer, ni en rien vous contraindre:
Car ça crève le cœur de quitter son chez soi:
On ne peut pas saisir quand l’on n’a rien á craindre.
J’ai fui, bien obligé, un pays dévasté
Par de furieux combats, en proie à la famine,
Ne pouvant supporter d’atroces cruautés
Et ces bras destructeurs que la violence anime.
Ouvrez grand, je vous prie, vos bras pour m’accueillir,
Redonnez-moi enfin une part de confiance,
La force d’avancer, l’envie de repartir
Dans une vie nouvelle après des mois d’errance.
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