|

Je peux bien l'avouer je ne sais de soleil,
Plus exquis que le votre, avant même l'aurore
J'y vois poindre l'étoile et le bijou vermeil
D'une aimable caresse où le jour édulcore
D'incandescentes fleurs, qu'allume le désir,
Où se perdent les Cieux de ma folle innocence,
J'y vois boire souvent mille oiseaux de saphir,
De légers papillons que la douceur fiance,
Esclave de vos yeux, au partage des eaux
Entre l'ébène et l'or ma plume vous couronne,
Tant vos jolis grains noirs paraissent des flambeaux,
Mon rêve s'y morfond, mon cœur lui s'abandonne.
Sous vos traits enfantin tout respire l'amour,
Ni le riant ruisseau, ni l'aube éblouissante
Ne possède l'éclat, le charme, à leur entour,
De votre ligne douce au combien ravissante,
Ce sujet je l'avoue a de quoi m'adoucir,
Emblème printanier, j'ai vu naître deux roses
Sous la soie angélique offerte au cher zéphyr,
Avril jette à mes yeux de merveilleuses choses,
De secrètes beautés sur vos charmants atours,
Emouvante dentelle où la splendeur se fonde
Annonçant l'univers des présents en velours,
Des fleurs et des fruits d'or que la grâce féconde;
Brûlant de mille appas, céleste est votre corps,
Chaque fois que mon âme emprunte à votre image
Ses contours merveilleux, naissent de saints trésors,
Que dessine l'amour, rendant le bel hommage
Et savez vous combien j'adore votre accent,
Cette essence des Dieux, comme un souffle de rose
Délivre le pollen d'une larme de vent,
On croit qu'à votre lèvre un colibri se pose;
Prélude à mon bonheur, quand j'entends votre voix
Délicieuse source, un Hosanna s'élève
En caressant mes sens, ma tendresse aux abois,
Alors coule en mon cœur une adorable sève.
Si je devais écrire une liesse d'amour,
Un message éternel, nul doute que votre âme
Inspirerait ma plume, en vous faisant la cour,
Je couvrirais de fleurs votre prénom madame.
|