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Heureux celui qui reste où coula son enfance,
Sur la terre où sa mère autrefois vit le jour,
Je vous fais cet aveu elle est belle la France,
Celle des vieux terroirs de Marseille à Cabourg,
Riches de vignes d'or, d'eaux vives généreuses,
Ce pays où verdoie à la belle saison,
Les plaines, les vergers, les forêts fabuleuses,
Qui distille au matin angélus, carillon,
Et c'est en lettres d'or que je veux rendre hommage,
A l'écrin de mon bourg scintillant de saphirs;
Sur le sol Franc-Comtois au berceau du feuillage,
Dorment parmi les fleurs d'émouvants souvenirs,
C'est l'âme d'un pays que ma plume caresse,
Celui d'un temps comblé parmi les blonds épis,
Qui vibre au fond de moi, mon encre le confesse,
A l'âge où je cherchais sur la plaine des nids,
Et du mois des lilas , des fleurs en coiffe blanche,
Des saules languissants sur les rives du Doubs,
De l'ombrage léger, cadeau de chaque branche,
Je cueillais la douceur, la tendresse à genoux,
L'authentique moulin au miroir de l'eau vive,
Etoilait de soleil les jours soyeux de mai,
Les arbres, les buissons d'une façon furtive
En papillons d'azur dans l'air s'émerveillaient;
Le cocon de Bavans, où jardin de l'abeille
Serti par le mont-Bart, devenait émouvant,
Le rossignol au soir caressait mon oreille
J'attendais en rêvant,la belle au bois dormant.
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