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En admirant le ciel qui flambe à l'Occident,
Il me vient tout à coup une étrange pensée,
L'émouvante nature à mon âme se pend,
Combien me paraît triste à cette heure esseulée
Les pages de ma vie hélas, il se fait tard
Et je prends conscience à deux pas de la pierre,
Que peut-être demain, je serai ce vieillard,
Incapable d'écrire à part une prière,
Tandis que lentement décline la clarté,
Je sens renaître en moi le jour, la plénitude,
Alors revient de loin l'intense pureté,
Que le soir sanctifie annonçant le prélude
Des nobles sentiments, comme un souffle léger,
La plus infime fleur émerveille mon âme,
Comme un avril nouveau, je me sens dévorer,
Dans l'âtre du présent par la tendresse en flamme,
La tête pleine d'or je retrouve un bonheur,
Que seul connait l'enfant, tout arbre est un mystère,
Le monde redevient un charme, une saveur,
Madeleine de Proust le livre reliquaire,
Exhale son parfum capiteux et troublant
Et je retrouve enfin la clé des portes closes,
L'amour niche en mon cœur sur un chêne d'argent,
Et l'aube vient s'asseoir sur un grand lit de roses.
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