|

Sous un tilleul antique elle attend seule à l'ombre,
L'appel du rossignol frissonne sur les bois,
Déjà le jour bascule et les étoiles en nombre
Émerveillent le soir et la nuit aux abois
Étreint l'or du chemin, à cette heure si douce,
Comme un cloître où l'on prie au moment solennel,
La plaine ouvre ses bras, que l'amour éclabousse,
Alors tout le terroir, se transforme en pastel.
J'aime encore évoquer, l'entrevue admirable,
Comment ne pas faillir, une telle splendeur,
Nulle femme à mes yeux n'est aussi désirable,
Comment vous la dépeindre à sa juste valeur,
Mon Dieu de si beaux yeux, une bouche fleurie,
Ce trésor de chair rouge où jaillit l'émail blanc
Fait naître en moi le rêve où la grâce sourie,
Mais le plus beau de tout, son visage émouvant
Qui reflète à jamais, cette frêle mésange
A la robe divine, au sourire enchanteur,
Est-elle une déesse où bien est-elle un ange?
Elle est l'heureux destin si j'écoute mon cœur,
Je me souviens encore avec mélancolie,
De son geste élégant qu'elle adresse à ma main,
Un modeste bonjour d'une âme attendrie,
Ému par son respect en sage souverain
Je lui tends le bouquet qu'elle accepte confuse,
Et le porte à son cœur, de près je peux la voir,
A son insu, l'admire et mon âme en abuse;
Sous son corsage blanc, je rêve d'entrevoir,
Deux roses en bouton que cache la dentelle,
Chacun de mes désirs épousent ses contours,
Mon esprit se répète oh! mon Dieu qu'elle est belle!
Si elle veut bien de moi, je l'aimerai toujours.
|