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Revenant au pays, comme un pèlerinage,
Je visite d'abord les tombes en premier,
L'âme de ceux que j'aime au céleste rivage
Reçoit une pensée et souvent un papier,
Ainsi revient toujours de ma brumeuse enfance,
Les fleurs et les fruits mûrs de mes jardins perdus
Et les bouquets neigeux, que l'abeille butine,
Les touchants souvenirs que l'on croyait perdus
Renaissent tout d'un coup, au mur de la mémoire
Le royaume interdit ouvre sa porte en grand,
Les jours comme les draps dans une antique armoire
Retracent la grandeur de ce monde émouvant.
Alors renaît l'odeur de l'encre et de l'école,
Du savon de Marseille et celui des lilas,
De ces lontains confins la tendresse s'envole,
L'enfant retrouve l'or de ses primaires pas,
Revoir ses parents jeune au temps de l'aubépine,
Comme un humble bouquet refleurit le passé,
au souffle du printemps, une source chemine
Alors revient en nous la grâce et le sacré,
Sur le bord du canal, que le soleil, butine,
J'imagine mon père une canne à la main,
Il pêche les gardons, son plaisir se devine,
Comme il disait souvent à chacun son destin;
Quand je revois Bavans toujours mon coeur se serre,
Il manque à mon bonheur, des visages d'avant,
Pour tous les êtres chers ce fut bien trop précaire,
Nul ne peut retenir ses pleurs en y pensant.
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