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Orphée et le secret des Muses
Le fils du roi de Thrace, s’assit au bord du fleuve.
Il écouta le vent, comme avait dit les Muses,
Agiter doucement les feuill’s en haut des trembles
Comme si voletaient des myriades d’oiseaux.
Il écouta le bruit du clapot sur la grève,
Le murmure incessant des douces vaguelettes,
Les trémolos joyeux qui montaient des fourrés,
Leva les yeux au ciel où grisollait l’alouette.
Car si tu veux chanter, lui avaient dit les Muses,
Il te faudra d’abord apprendre à écouter
Cette vie qui palpite et bourdonne alentour,
Mélodie primitive, inépuisable source.
Alors tu pourras jouer tous les airs sur ta lyre
Sans jamais te trouver à court d’inspiration,
Ou moduler ton chant , variant à l’infini
Les effets observés en écoutant la vie.
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Orphée : “Fils du roi de Thrace et de la muse Calliope, il a appris la musique et la poésie sous l’égide des neuf Muses. A l’enfant qu’il était, elles ont enseigné leur secret : pour chanter, il faut savoir écouter. Écouter le souffle du vent dans les feuilles, la mélodie primitive de la vie. Devenir sourd au langage social, au bavardage vain. Lorsque les mots sont trop chargés de sens, lorsqu’ils raisonnent trop, il cessent de résonner : ils ne chantent plus.”
(Jul et Charles Pépin, « 50 nuances de Grecs », ed. Dargaud, 2017)
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