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Voila bientôt cinq ans que la terre à reçue
Ta dépouille, mon père au cœur du mois de juin,
Je l'avoue aujourd'hui ton silence me tue
Et je n'ai pas trouvé, pour noyer mon chagrin
Autre chose qu'écrire un émouvant poème
Où se répand ma peine autant que le besoin,
De pouvoir enfin dire un intime je t'aime.
Je sais bien que tu dors et que tu n'es pas loin.
Que j'aimerais entendre au creux de mon oreille,
Comme s'écoule l'eau, le timbre de ta voix.
Le passé bienheureux qu'une larme réveille
A travers le miroir me rappelle d'autrefois,
Les jours de vrai bonheur s'en reviennent en mon âme
Alors s'allume en moi, le meilleur de nous deux,
Au foyer de mon coeur la braise devient flamme,
Aux rives du canal je te revois joyeux.
Pendant que l'amertume étend sur moi son voile,
J'ai mal de n'avoir su, dire de ton vivant,
Que je t'aime papa, ta scintillante étoile
Elle est au fond de moi, je le sais maintenant,
La tristesse d'un coup, m'envahit à cette heure,
Soupir agonisant, mon esprit est bien lourd,
Entre mes doigts dolents même ma plume pleure
Mais j'ai le grand besoin de dire mon amour.
En effeuillant l'album aux pages mémorables,
Je revois les jours d'or, les soirs au bord du Doubs
Pour moi ces souvenirs, ils sont inéstimables,
Puissent-ils à jamais demeurer les plus doux.
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