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Comme parle à mon cœur ce cher encrier blanc
De fine porcelaine, il est un coin de France,
Que célèbre ma plume avec ravissement,
Pays mélancolique, havre de mon enfance,
Ainsi j'entends chanter certain soirs à Paris,
Comme aubade d'avril, ma rivière Comtoise,
De cette onde limpide aux scintillants rubis
Me revient sa beauté que mon encre apprivoise,
Son miroir indolent angélise mon front,
Alors tel un voilier, tranquille au port d'attache,
Je retrouve serein, l'odeur de la moisson
Et la berge fleurie où l'azur se détache,
La plaine romantique, écrin de mes vingt ans,
Autour de moi s'élève une étrange musique,
Le son triste d'un cor transperce mes tympans
Et je sens naître en moi, l'or d'une aube onirique;
Sous l'aubépine en fleurs, dort mon premier amour,
Une mignonne femme à la grâce Latine,
Aurai-je le bonheur de la revoir un jour,
D'un céleste avenir au rêve d'opaline,
Merveilleuse Sylvie au si pâle destin,
Je n'ai pas oublié, son élégant sourire,
Je l'adorais beaucoup, son regard donnait faim,
Il m'envoutais c'est vrai, je peux toujours le dire,
Je veux y croire encore en gravant son prénom,
Au milieu d'un grand coeur sur le chêne authentique
Du premier rendez-vous au temps de la moisson,
Voila plus de trente ans, qu'il me paraît épique
L'instant où j'ai pu voir apparaitre d'un coup,
Au detour du chemin sa silhouette aimable,
Qu'elle était belle en robe, autant qu'un cher bijou,
J'en garde un souvenir au prix inestimable.
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