|
La flûte de Hamelin
Arriva une fois dans le bourg de Ham’lin
Une ville nichée au cœur de l’Allemagne,
Une troupe de rats aiguisée par la faim,
Surgie des alentours, du fond de la campagne.
Les habitants furieux ne savaient où cacher
Les provisions d’hiver amassées à grand’peine
Et chasser ces intrus qui venaient grignoter
Jusque dans leurs maisons, au cœur de leur domaine.
Un jour se présenta aux portes de la ville
Un jeune musicien, sorte de troubadour,
Dont la flûte charmait par des accords habiles,
Par des airs envoûtants et des chansons d’amour.
Quand le flûtiste apprit que la ville infestée
Ne savait plus que faire à propos de ces rats
Pour se débarrasser de la gent détestée,
Il proposa de les libérer du tracas.
Un moyen radical d’achever cette lutte
Menée depuis des mois sans efficacité
Sera de les charmer au moyen de sa flûte
Et de les emmener au fleuve se noyer
Ce qui fut dit fut fait et la troupe de rats
Sortit de ses repères, de toutes ses cachettes
Et de tous les greniers, de tous les débarras,
Suivit le musicien ... et courut à sa perte!
Ainsi l’humanité, écoutant la musique,
Enjôleuse à souhait, du charmeur Le Progrès
Court céans à sa perte, aveugle et hermétique
Aux dangers et virus qui la cernent de près.
———————
Cf. Jean Rouaud : « on suit tous la musique et on va sa jeter dans la mer. » (Interview dans Ouest-France du samedi 13 juin 2020.)
|