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Par de chers souvenirs un fil m'attache à lui,
Jours d'une enfance heureuse, il est mon millésime,
Juste au pied du Mont-Bart ses eaux baignent mon nid,
Vêtu de pourpre et d'or je le trouve sublime.
Chef-d'œuvre Franc-Comtois surtout vers Blussangeaux
Qu'il caresse en douceur au long des moissons blondes,
En longeant le canal, il fiance ses eaux
Juste à la Prétière et partages ses ondes,
Avec le Cusancin, un autre diamant,
Tissant l'ombre et la soie aux alentours de Baume,
Spectacle fabuleux d'un tableau flamboyant,
Au milieu des cailloux son chant devient un psaume.
Le Doubs il coule en moi, c'est l'âme du passé,
J'en sais tous les secrets, jusqu'au moindre méandre,
Parmi les trèfles verts, son image est sacré,
A l'ombre de ma muse il couve sous la cendre,
Palpite dans mon cœur aux côtés des aïeux,
J'ai trop aimé ses eaux, pour oublier ses pierres,
Trop mirer son miroir pour n'en faire mes Cieux,
Il n'est pour moi c'est vrai de plus belles prières
Que ses babils au soir quand tremble d'or, juillet
Bijou parmi les fleurs, à Bavans qu'il arrose
Son cours traîne d'abord avec de bleus reflets,
Serti de nénuphars c'est une apothéose.
Depuis longtemps déjà j'aime son firmament,
Enfant j'aimais rêver sur sa rive émeraude,
Tranquille sous un arbre à l'heure du couchant
Juste entre chiens et loups, quand le renard maraude,
Que la première étoile appose dans le ciel,
Les galons que la nuit soufflera sur le rêve,
Le bonheur d'admirer qui me semble essentiel,
C'est bien à ce moment que mon esprit s'élève;
Alors que le matin avec son encre d'or,
Quand le soleil embrasse un morceau de sa robe
Je demeure interdit devant ce cher décor,
Surtout vers le moulin où l'ombre se dérobe…
Je me revois gamin surveillant mon flotteur,
L'eau morte c'était pour moi, l'île mystérieuse,
Un frôlement léger enveloppait mon coeur
Quand la touche arrivait, toujours délicieuse
Une ablette, un gardon récompenssait mes doigts,
Mon père à mes côté m'encourageait d'un geste
C'était un vrai plaisir surtout par les beaux mois,
Quand je pense à ce temps mon poème en atteste
Un baume nostalgique étreint mon pauvre esprit,
Je transmets mon amour sans le moindre délire,
Un pan de mon passé d'un rayon m'envahi
Je ne veux le renier même pour un empire.
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