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Le bouquet d'œillets blancs sur l'Autel vénérable,
Présent d'un ami cher, libère un peu d'esprit
Pour l'âme du défunt, sa femme inconsolable
Sait qu'en ce jour atroce elle entre dans la nuit.
A l'ombre de la nef l'insondable mystère
Impose le silence à ceux dont le chagrin
Arrache des sanglots, pour celui qu'on enterre;
Le parfum pénétrant autour du vieux lutrin
Empreinte à ce moment, cet air mélancolique,
Que seul l'automne apporte, au moindre souvenir,
Alors que l'orgue en pleurs, d'un émoi sémantique
Ajoute une caresse, un élégant soupir
A ce cher coin Comtois, aux fleurs de son église,
Dans la maison de Dieu la Bible est le garant
De tout bonheur sacré; si l'âme symbolise
L'amour du genre humain et du monde vivant,
De la gaïté des mains, du charme de la lyre,
Elle est aussi la fleur qui nous relie au mort
Ce fil d'or éternel que rien ne peut occire,
Comme à l'oiseau, le ciel il faut à l'homme un port.
Par les sens, par l'esprit, reste dans la pensée,
L'image du passé pour le coeur orphelin,
D'un souffle évanescent comme rose fanée,
La vie un jour s'envole ainsi c'est le destin.
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