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Je n'attends rien c'est vrai d'une église qui dort,
Pas même des humains, des chaos de ce monde,
L'amour habite en moi, voila mon seul trésor
C'est auprès des oiseaux, que mon bonheur se fonde.
Douces lyres des champs, muses du sentiment,
La voix du rossignol m'émeut le soir aux larmes,
J'aime ce chantre ailé, ce poète d'antan,
Devant pareil spectacle il faut rendre les armes.
Quand fleurit l'anémone aux premiers jours d'avril,
Avec recueillement j'écoute la fauvette
Mon âme à l'abandon touche l'ainsi soit-il,
De l'oreille à mon cœur, l'art me conte fleurette,
La vie en harmonie enchante les forêts,
Quel plaisir d'apprécier le vent dans la ramure
Et le doux bruit de l'eau caressant les galets;
De ces riches tableaux s'énivre ma nature,
Que devient la campagne un désert aujourd'hui,
Loin du chêne royal chacun veut vivre en ville,
Mais je crois au contraire, il faut plaindre celui
Que la joie abandonne au triste domicile.
Adieu le terrain vague et le verger divin,
J'assiste à ma fenêtre à la bêtise humaine,
Il faut dompter le fleuve et l'ortie au jardin
A force de béton s'étouffe la fontaine,
Peut-on vivre sans fleurs, sans l'abeille et son miel,
Courir sans l'herbe tendre ou l'émoi du silence,
Je préfère un terroir où se courbe le ciel;
Est-il plus grand bonheur pour découvrir la France
Qu'un humble patelin au moment des moissons
A l'heure du berger, quand le soleil s'incline,
De respirer le foin et de voir les saisons,
D'apprendre les secrets du gland à l'aubépine.
Pauvre contemporain de cette humanité,
L'illusion vient choir, s'écoule goutte à goutte;
Depuis mon promontoire où mon rêve est monté,
Je sens venir la nuit au devant de la route.
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