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Si j'évoque aujourd'hui sans l'ombre d'une gêne,
Au caprice des doigts ce retournant bonheur,
C'est pour rendre à ses yeux leur teint de porcelaine,
Ce que j'écris ce soir, c'est l'aveu de mon cœur;
De l'aube à l'oreiller je l'aime d'être belle,
Au temple des saisons je l'aime sans accroc,
Alors si près des Cieux ma tendresse chancelle,
Car même sans excès on n'aime jamais trop.
Après onze ans d'amour son sourire m'inspire;
Comme un parfum d'avril, je voudrais à mon tour,
Eparpiller des fleurs afin de la séduire
D'un élégant poème et lui faire la cour;
Je sais depuis longtemps que la beauté de l'âme,
Cède à l'esprit divin, ce qu'il a de sacré,
Sous l'angélique cendre, il demeure une flamme
Cet or incandescent ma souvent inspiré.
Je le porte en mon coeur, son allure m'inonde,
Par la douceur ses yeux éteignent mon chagrin.
Je me permets enfin, ce que la sève fonde
Fidèle à mes plaisirs, je puise en son écrin,
Très délicatement, le frisson doux des anges,
D'une goutte émeraude, aux reflets de sphir,
Toujours émerveillé, je me fie aux mésanges
Pour profiter d'avril afin de l'éblouir.
Je voudrais honorer sa taille enchanteresse,
Ce pays merveilleux où rose et volupté,
Enseignent l'art d'aimer; la divine caresse
D'un corps épris d'amour, fait sourdre la beauté.
Roulant ses flots sacrés, parmi l'or des étoiles,
L'angélique pensée arrose mon jardin,
A travers ses jupons le soleil la dévoiles,
D'érotiques instants, rendent jaloux Rodin.
De l'encre au parchemin, cette femme lumineuse
Parfume tous mes vers, enflamme tous mes sens,
Ce miel des sentiments, trouble de l'heure heureuse,
Sa grâce et son éclat, voila mon saint encens.
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