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A l'encre de mon coeur

le mardi 08 décembre 2020, à 17:27. Posté par plumeflore


    Sans revenir aux jours de la lampe à pétrole,
    Avant que tout s'efface au noir tableau du temps,
    J'aimerais bien revoir mon ancienne école,
    Tant ma salle de classe et ses antiques bancs

    Projettent un rayon d'or, jusqu'au fond de l'abîme,
    Toujours ils sont classés dans les beaux souvenirs,
    Aux fûts de mon enfance ils sont le millésime,
    L'authentique flacon des plus doux élixirs.

    Que ce soit l'odeur d'encre ou le son de la craie,
    Je sens sourdre une eau vive aux rochers de mon cœur,
    Elle s'écoule en moi et encore, elle essaie
    De prolonger ces jours d'une intime douceur.

    Dans mon recueillement j'aime surtout l'ondine;
    Toujours le passé brille il est parfois trompeur,
    Car la rose au jardin de jour en jour décline,
    Et doucement se fane en perdant sa couleur.

    Du côté de Bavans c'est ma terre promise;
    Ainsi qu'un vieux verger où pousse le sainfoin,
    J'adore au mois des fleurs à l'ombre d'une église,
    Retrouver mon terroir tout parfumé de foin

    Quand le calme du soir descend des branches fines,
    Que les champs d'alentour apportent la saveur
    D'une journée ardente aux senteurs féminines,
    Que le vent fait ployé les moissons du Seigneur.

    Lorsqu'au déclin du jour une nappe légère
    Angélise les bois, de silence et de paix,
    Que chaque ombre voyage, ainsi qu'une prière,
    Touchant l'âme et l'esprit comme font les oeillets.

    En retrouvant le Doubs, c'est bien involontaire
    Des souvenirs poignants accompagnent mes pas,
    Invisible présent, l'image de mon père
    Jette des perles d'or, alors j'ouvre les bras,

    Et le soleil d'antan discrètement s'allume,
    J'ai dix ans c'est l'été non loin de Blussangeaux
    Avec la canne en main, ce bonheur que j'exhume
    Prélude simplement le babil des oiseaux;

    Dans la blonde clarté des rires en cascades
    Je buvais le vin doux du rêve adolescent,
    Les Françaises chansons étaient des sérénades,
    J'étais déjà poète à l'âge attendrissant;

    A l'ombre d'un tilleul j'écoutais le silence,
    Du frisson de l'eau pure au friselis du vent,
    Ma vie était un rêve une tendre indolence
    Et ma chance aujourd'hui c'est ma douce maman.

    Comme le peintre fait au sujet de ses toiles,
    Je mets à jour ces vers émouvant à souhait,
    Mon encrier d'étain comme un semeur d'étoiles,
    A sa source revient pour un plus bel effet.

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