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Comme une fleur séchée au ventre d'un ouvrage,
Le passé certain soir réveille quelques fois,
L'évanescent bouquet des charmes d'un autre âge
Sous la cendre renaît, une braise aux abois
Qui rallume d'un coup le soleil de l'enfance,
Devant ces poudres d'or un frisson nous saisit,
De ce divin flacon s'émane une fragrance
A l'arôme léger que le temps enrichi.
Nous éprouvons souvent un merveilleux bien-être,
De ceindre une aubépine autour de notre front,
Comme au temps des secrets quand le désir pénètre
Avec force et amour l'intime, la raison,
Et l'on enjambe alors la fragile clôture,
Pays d'herbe profonde au vert délicieux,
La source au fond du bois devient un doux murmure
Et notre âme frissonne en retrouvant ces lieux;
Parmi les papillons de la plaine Comtoise,
La bonne odeur des champs accompagne nos pas,
L'eau chantonne au vallon et le coeur apprivoise
Le bonheur retrouvé de nos premiers ébats;
Une exquise senteur humblement symbolise
Ce monde où les taillis de ronces sont en fleurs,
Il est des bouquets vrais que le temps angélise,
Comme ceux de l'école et ses tendres langueurs,
Nul ne peut oublier l'émanation d'encre,
L'élixir d'une craie ou le baume des bancs,
Celle des vieux cahiers, ainsi même le cancre
Ce rappelle plus tard ces extraits oppressants.
De troublants souvenirs caressent la mémoire,
La saveur nous raccroche au café de l'aïeux,
Au fameux encaustique imprégnant son armoire,
Alors revient en nous, rien qu'en fermant les yeux,
Le bruit de la pendule et la salle fleurie
Où se consume un bois, projetant des soleils
Dans l'âtre solennel où la flamme irradie,
Et sur le vase blanc aux beaux reflets vermeils.
Revenir à la source où sous l'arbre s'attise
L'or pur des foins coupés, devenant l'encensoir,
Juste après les muguets quand l'ombre poétise
Avec les fleurs des prés, bénissant chaque espoir.
Parfum doux et tenace un toupet de jonquilles,
Ensoleille nos doigts, à l'âge de dix ans
Ce cadeau pour la mère avant même les filles,
Dessine au fond de nous les couleurs du printemps;
Assaillit brusquement de profonde tendresse,
C'est les larmes aux yeux, cœur lourd que nous pensons,
A nos chers disparus, à la folle jeunesse,
Au royaume fleuri de nos mortes saisons.
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