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Je vous prends à témoin et me plais à le faire,
Jamais je n'ai écris à mon corps défendant;
Classique est sa beauté mais n'est point ordinaire,
Aucune vanité; mon amour est si grand
Qu'il conserve l'éclat du feu qui me dévore,
En la voyant si belle au déclin de la nuit,
Avant l'embrasement, j'aime mirer l'aurore
Au miroir de ses yeux où l'astre fait son nid
A l'ombre de ses cils, ce miracle j'avoue
Emerveille mon encre avec félicité
Et je cueille son charme au grain d'or de sa joue,
Aux roses de sa bouche un nectar enflammé.
Au jardin de son corps mon amoureuse plainte
Roucoule de bonheur, respirant ses bouquets,
Quelque chose de doux dont sa ligne est empreinte
M'évoque le printemps aux travers de ses traits.
Ainsi le papillon qui se nomme Isabelle,
Est-il moins rare encore et surtout moins joli,
Que ma sublime femme à la mine si belle,
Qu'il n'est pas ici-bas, même dans l'infini
De sourire pareil, de minois aussi tendre
Que l'angélique reine avrilant mes vieux jours,
Ainsi comme la braise expire dans la cendre,
Sous le nuage en fleurs sa grâce est de velours.
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