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Aurons-nous un hiver pour savourer nos lettres?
Ainsi que sied au cœur ce délice des doigts,
L'odeur des vieux papiers en nous fera renaître,
Le mal délicieux de nos plus beaux émois.
Sans doute qu'en fouillant dans l'armoire Normande,
Sous les robes à fleurs, avril à deux battants
Saura-t-il mettre à jour, la sève d'une offrande,
L'emblème d'aubépine empreint de ton printemps.
Rassemblant au bouquet, la rose et l'ancolie,
Lirons-nous un chapitre au livre des regrets;
Le chant du rossignol, tendre mélancolie,
D'un troublant souvenir imbibera la paix
De ces jours refroidis à l'abris des persiennes;
Tu trouveras peut être en rangeant tes bijoux,
Sous des pétales blancs, des suppliques anciennes
Et même le billet du premier rendez-vous,
En relisant nos vers, ivre de romantisme
Nous aurons dans les mains des missives d'amour,
Petits quatrains exquis, embaumés d'angélisme,
Avant le froid tombeau qui doit s'ouvrir un jour.
Partout où que je sois, ton regard m'accompagne
Et je ne peux pas croire à la paix de nos corps,
Je t'aime trop pour ça ma sublime compagne,
Sans relâche aimons-nous, laissons le frais dehors.
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