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Maintes fois j'ai rêvé, tel un tailleur de pierre,
De façonner sa ligne, afin de l'attendrir
J'imaginais son corps nu, entre ombre et lumière,
Un bouquet de soleil se plaisait d'envahir
A travers les vitraux l'église de mon âme;
Dans l'alcôve vibrait le friselis léger
D'une angélique lyre où le bonheur se pâme,
Un peu comme au sous-bois fait le bruit d'un baiser.
Emu par sa beauté en sculptant sa poitrine,
Le velours d'un bouton émerveillait ma main
Que je laissais courir le long de son échine,
Alors flambait en moi les notes de Chopin;
Comme un torrent divin la symphonie heureuse
Enveloppait mes doigts, sublime volupté,
comme un souffle d'amour sa courbe généreuse
Caressait tous mes sens, d'un sentiment sacré.
Ainsi en dessinant l'aube de sa prunelle,
D'où ruisselait de l'or, une sève d'amour
S'écoulait dans mon coeur. une femme aussi belle
N'est peut être qu'un songe, un désir fou d'un jour;
Pourtant chaque matin à l'heure ou je m'éveille,
Sur l'éventail du drap, un ange me sourit,
Une rose de mai, que dis-je une merveille
Et je me sens mourir quand son regard fleurit.
https://youtu.be/I0wwA3mKJrU
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