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Aujourd'hui ta voix manque aux fibres de mon cœur,
Déjà plus de cinq ans que tu dors mon cher père
Seul, parmi d'autres morts, sous ton blanc drap de pierre;
Dans sa fuite le temps mesure ma douleur.
Le silence insensé dont je suis spectateur
Me parle du passé, comme d'une prière,
Avec des mots touchants, peut être pour me plaire;
Je sais que l'hirondelle et le martin pêcheur
T'attendent au long du Doubs avant le crépuscule,
Plus bas que le barrage où le gardon pullule;
Revient me visiter limpide souvenir,
Au milieu des iris, dans les mains, une canne,
Je garde bien au chaud à l'abris de mon crâne,
Cette image de toi que rien ne peut ternir.
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