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Au présent, à l'esprit reviendra-t-il un jour,
Le langage charmant qui fleurissait la France,
Sans vouloir revenir aux potins de la cour,
J'eusse aimé de ce siècle un peu de truculence.
Tandis que le poète ajoute aux sentiments,
Une touche d'amour savoureuse à traduire;
il serait de bon ton que s'installe céans,
Sans grande théorie un soupçon de bien-dire;
Le bonheur d'une lettre est un rayon divin
Qui fleure le passé, tout autant qu'une Bible,
Sans soumettre nos lois au temps du baisemain,
Il serait de bon goût sans être incorruptible,
D'apprêter l'aubépine au cœur de nos discours,
De permettre à l'enfant de boire à La Fontaine,
De reprendre Racine en ses plus beaux atours,
Voici dont le dessein d'une âme souveraine.
Et même une façon d'enrichir, concevoir,
De flamboyants bijoux que la saveur héberge,
Est-il plus beau bouquet que celui d'un terroir,
Notre langue mérite au combien cette gerbe.
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