|

J'ai composé ces vers, alors que les oiseaux
Recousaient au silence une traîne de soie,
L'améthyste du soir sur ma plume poudroie,
J'y puise aussi l'azur au miroir des ruisseaux,
De même l'émeraude au temple des arceaux;
Ce qui sourd en mon coeur, à l'instant où s'éploie
L'extravagant vitrail de l'astre à claire-voie,
Embaume le vélin des verbes les plus beaux.
Ainsi je sens fleurir l'étrange passiflore
Et le désir ardent que ton charme dévore.
Tel un vaisseau d'amour, ivre de volupté,
Au premier jour de mai supprime ses amares,
Accepte de ma main ce bouquet de fleurs rares,
Qui ne seront jamais égale à ta beauté.
|