|

Authentique songeur, j'allais seul, par les champs,
A l'entour d'un verger, sagement romantique,
J'aimais cueillir l'œillet et la scille angélique,
Le rire des ruisseaux, les babils en suspens,
Lorsque la main de Dieu caressait le printemps.
Mon âme s'envolait de façon onirique
Chaque fois qu'un parfum au caprice impudique
Alimentait ma muse en vers éblouissants;
Ainsi le feu divin, Ronsard comme modèle,
J'écrivais des quatrains, rêvant de l'hirondelle,
Et je marchais toujours aux côtés du bonheur;
Le coeur gonflé d'espoir, j'attendais la venue,
Au milieu des blés d'or, d'une belle inconnue
Mais jamais ce jardin ne m'a donné de fleur.
|