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Après la floraison l'été ramène au champ,
Rêveurs et villageois quand la douceur s'installe,
La beauté est partout; heureux le paysan
Parmi les moissons d'or, que le soleil régale,
Ainsi que l'hirondelle écrivant dans le ciel
Le roman de juillet, qu'aime lire le sage
A l'ombre d'un tilleul dont le charme essentiel
Reste le romantisme; est-il plus belle image
Que celle d'un terroir de paille et de grain blond,
Envahi de bleuets, de ronces indomptables,
Et je ne saurait dire en admirant Belmont
S'il est un autre endroit au pays des étables,
De l'angélique Doubs, pour écrire un recueil,
Afin de rendre hommage à ceux de la campagne,
Dans un écrin de fleurs, le lynx et l'écureuil
Vivent auprès des rochers que la source accompagne
Au sol inspirateur du vénéré Courbet,
Il faut connaître Ornans pour comprendre ma verve,
Avoir pu voir nos bois à l'heure du muguet,
Quand chante le bruant, pour aimer sans réserve
Ce monde paysan, rétissant au progrès,
A l'approche du soir même le bourg est calme,
Là-bas l'odeur du foin en fait tous ses attraits,
Pour ceux qui rêve encore il mérite la palme.
Aux abords des épis, des antiques clochers,
Un écrin émeraude au feuillage de soie
Offre au miroir des eaux, des ors inégalés,
Dans son lit d'or la Loue avec amour ondoie;
Superbe de lenteur, caressant les galets,
Aux alentours de Lods, sa robe s'angélise,
Jouxtant les nénuphars de somptueux ourlets
Avec ses jaune iris elle semble une marquise.
Au coeur de chaque église un silence profond,
Béatise le temps, élève la pensée,
Cette félicité pour vivre à l'unisson
N'a de bras comparable à part ceux de Morphée.
Au premiers jours de mai, je pense au rossignol
S'égosillant d'amour pour l'aile d'une belle,
Il jette à tous les vents son adorable alcool,
J'aime écouter au soir son ode solennelle.
La plume pleine d'or, tout ce qui coule en moi,
Jusqu'au cher souvenir à la douceur des roses.
L'esprit de l'univers c'est bien ma seule foi
Ainsi que la nature et ses plus humbles choses;
Le doux récit des eaux qui pénètre mon coeur,
Me pousse bien souvent, d'écrire des merveilles,
Ecoutant les grillons, imageant le bonheur,
Je suis d'après ma soeur le berger des abeilles.
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