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Le regret m'est venu des lieux que j'ai lâchés,
j'y reviendrai c'est sûr avant que ne s'efface
La marque de mes pas, mes yeux se sont usés,
Sous le ciel de Paris à reverdir la trace
Aux pages de l'hiver, de mes vertes saisons,
Stigmate sur mon cœur d'une jeunesse morte;
A l'heure où le brouillard recouvre ma maison,
C'est de chers souvenirs que mon âme transporte;
Que je semble porter comme mes cheveux blancs,
Au temps pas si lointain où découvrant la muse,
J'écoutais les oiseaux beaucoup plus que les gens,
Même encore aujourd'hui ma plume s'en accuse.
Aux immenses cités, je préfère un terroir,
De mon amour des fleurs jaillissent des poèmes,
Qui peut rivaliser quand arrive le soir
Avec le rossignol, ses tirades extrêmes
Illuminent les airs, l'angélique refrain,
Tel un souffle léger caresse la ramée,
Enveloppe la nuit de soie et de satin
Est-il plus bel adage au fil de la pensée,
Qu'un pays d'herbe tendre au début de l'été,
Où coule au creux d'un bois une eau de porcelaine,
De cet abris sous-roche arrive volupté,
Ainsi que la fraicheur, l'agréable fontaine
Sourd d'un nid d'aubépine en accueillant le jour,
Elle quitte le bois et serpente, si belle
Qu'une foule d'oiseaux nichent à son entour,
On peut y voir en mai, l'intime demoiselle.
Il n'est pas sur la terre un endroit aussi cher,
Je songe avec douleur, à ceux inestimables
Qui dorment dans ce coin; si proche de ma chair,
Tous ces êtres aimés, qui me sont si semblables.
Comme revient l'oiseau vers l'arbre originel,
Je veux revoir le toit de mon humble masure.
Un peu comme un parfum, un fil spirituel
A mon âme suspend, céleste ligature,
La trame de mes ans, au pays Franc-Comtois,
Sur les rives du Doubs, c'est là que j'aime boire
Les saveurs de ce lieu, le même qu'autrefois,
Et les charmants attraits que je garde en mémoire.
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