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Il me faut en ce jour vous dire quelque chose,
D'un tendre crissement ma plume avoue enfin,
Mon encre par amour fait une clarté rose,
Rien ne l'arrêtera même le temps est vain,
Mon romantique cœur souffre d'un mal étrange,
Un mal délicieux qui ne fait point souffrir,
D'un feu se languissant il est épris d'un ange,
A chaque battement il manque de mourir.
Je n'imaginais pas au seuil de notre histoire,
Qu'il me faille aujourd'hui confesser mon amour,
Mais je ne me plains pas, vous pouvez bien le croire
Et c'est même un aveu sans messe, ni tambour,
Je vous fais don des mots, l'idylle en est le thème,
Plus beau en sont les vers, c'est tout à son honneur,
Je puise au fond des fleurs, pour lui dire, je t'aime
Le délicat pollen qui transcende mon cœur.
Devine-t-on mes vœux lorsque mon encre rose,
D'un angélique élan emprunte aux jours d'avril,
L'hymne du rossignol, mon âme le suppose,
Pour accorder mon luth au ravissant béryl,
Je brûle comme hier d'une intime tendresse,
M'abandonnant au rêve à l'écho musical,
J'éprouve un feu sacré ma plume le confesse,
Chaque fois que ses yeux se couvrent de santal.
Soyez tous comme moi, follement romantique,
Tant d'autres amoureux, au merle reste sourd,
Chérissons l'art d'aimer, la rose et le colchique,
Le bien-être d'écrire et de faire la cour,
Existe-t-il plus beau, deux cœurs indivisibles,
Deux mains à l'unisson soumis au même sort,
Confondus à jamais sur des cordes sensibles,
Expirant chaque soir, sans atteindre la mort.
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