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Ecrire est un asile, est-ce un excès d'amour,
Rien n'est plus authentique à l'aube, au crépuscule
Que ce mal ténébreux qui ne peut être sourd,
Qu'importe le message il faut qu'il véhicule,
Le souffle d'une grâce aux ordres de la main,
Ou l'intime pudeur d'une plume qui prie;
Royaume du poète, écrire est une faim,
Pour commencer d'abord, il faut une ancolie;
Elle est mon encrier, au joli mois des fleurs,
Sous le ciel Franc-Comtois, mon âme vient y boire,
C'est au pays natal et c'est nul part ailleurs
Que l'esprit prend sa source au pied de la mémoire.
Je ne réclame pas le nid douillet d'un bois,
Ni même un champ de blé, pour que naisse la rose,
C'est souvent au salon, que ma plume aux abois,
Parfume le papier, d'une métamorphose
Et de tous ses trésors, j'imagine un jasmin,
Notre vie est un livre, un calice de l'âme.
Ainsi qu'une lueur annonce le regain
Ni la croix, ni l'argent ne remplace une flamme.
Il faut cueillir la fleur avec beaucoup d'amour,
Il est possible aussi d'offrir un solitaire,
Plutôt que ne rien dire est-il mieux d'être lourd?
Je préfère être fou, plutôt que de me taire.
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