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Je rêve d'un bistrot modeste à la campagne,
A deux pas d'une église ouverte aux amoureux,
Entre Brest et Redon dans un trou de Bretagne,
Surtout pas Lorient encore moins Langueux;
Au joli mois des fleurs avant que le jour, sombre
A l'heure ou la chaleur de la riche saison
Légère, à pas de loup, pénètre la pénombre,
Que plane exquisément l'arôme du foin blond.
Une vieille maison, la salle aurait le style
Rustique et séduisant avec d'épais chevrons,
Du papier-peint au mur un endroit bien tranquille.
Authentique au plafond deux lustres Bourguignons;
Près d'un lourd Baby-foot un quatuor d'ancêtre
Quelques jeunots au bar sirotant un demi,
Dans une étroite cage auprès de la fenêtre,
S'époumonant d'amour un joyeux canari.
Grave, seul dans un coin de ce lieu remarquable,
J'attesterais l'esprit du milieu reposant,
Un porte-plume en main, recopiant ma fable,
En romantique argot du rustre paysan.
Timide, l'air de rien j'admirerais les femmes,
Fines fleurs du terroir, embelli de bijoux,
Redorant au pays le temps des belles âmes;
Je sentirais en moi de langoureux remous.
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