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Des fois c'est le cœur gros, qu'une aube éclos en moi,
Renaissant de sa cendre une image m'accable,
Ma famille au complet, le cliché faisant foi,
L'ennemi du rêveur c'est le temps implacable,
Lorsque arrive vesper et que l'ombre s'étend
Que des larmes d'antan tombent sur ma pensée
Que la mélancolie accompagnant le vent,
Ressuscite le temps de la verte vallée;
Alors, las prudemment il m'arrive souvent,
D'écarté le feuillage où le passé sommeille,
Alors renaît un monde entre l'or et l'argent,
Les vestiges anciens, d'une enfance vermeille
A travers cent débris, je retrouve un chemin,
L'alcôve du bonheur et mon âme s'embaume
Au milieu des pavots, ma tristesse s'éteint,
Il me faut conquérir l'amour et son fantôme;
Elle avait quatorze ans, de l'ange la douceur,
Fleuron de son regard une tendresse émue,
Chère maman à part, la première en mon coeur,
Elle reste pour mon spleen toujours la bienvenue.
En bravant mon époque au souffle de l'instant,
Je remonte la source et puis l'onde s'agite,
Sur un sentier semé de fleurs, d'or miroitant,
Sans même ouvrir les yeux, une lueur m'invite
Sur la rive du Doubs, aux limbes de jadis,
C'est l'été, Blussangeaux, il fait un temps superbe,
Mon père canne en main conseille un de ses fils,
Evidemment c'est moi, tranquille assis sur l'herbe,
J'attendais une touche, un signe du flotteur,
Tout paraissait exquis, le ciel et la rivière;
Pour ne pas adorer une telle splendeur
Il eut fallu vraiment avoir un coeur de pierre.
La cloche certains soirs, caresse mes tympans,
Alors revient en moi la route de la classe,
Si brumeuse en hiver, remarquable au printemps,
C'est mille souvenirs que le passé enchâsse,
De l'école, la cour, la plume et l'encrier,
Les vieux bancs ciselés, mes jeunes camarades,
Bavans en ce temps là me semblait familier,
Je faisais bien souvent d'ineffables ballades,
Tout jouvenceau déjà je courais vers les bois,
J'aimais cueillir des fleurs, un présent pour ma mère,
Adorant les oiseaux, j'écoutais chaque voix,
J'ignorais le succinct de l'enfance éphémère.
Parfois j'ouvre le livre au charme suranné
Le cœur de chaque page où repose l'histoire
Sent l'amour paternel, le style démodé,
Dans cet ouvrage ancien rêvasse ma mémoire.
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