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Était-ce un don du ciel ce miracle d'amour,
Après tant de malheur je préfère le croire,
Puisque j'ai pu goûter au soleil à mon tour,
Je veux graver son nom au socle de l'histoire.
A chaque heure du jour que d'attendrissement
Accompagne aujourd'hui l'église de mon âme,
Et je dois ce bonheur aux faits, d'un ange blanc,
Une rose aux yeux purs, une orchidée en flamme,
Sa nature innocente est un exquis tableau,
C'est une braise d'or que sa ligne, incendie,
Derrière l'éventail son regard est si beau
Qu'elle embrase le soir de sa grâce infinie.
Avril est passager, son charme permanent,
Devant telle beauté souvent je m'agenouille,
Son sourire divin je l'aime éperdument,
C'est pour elle avant tout que ma plume gazouille.
Si Dieu nous prête vie, une mort en commun,
Chef-d'oeuvre de nos doigts la rose va renaître,
En pariant déjà, l'inflammable destin,
J'accroche un laurier, mais pas à la fenêtre.
Sans attendre demain je m'attarde à rêver,
A l'aboutissement, l'émouvant épilogue,
Suivant longtemps d'amour, longtemps de s'être aimé,
Ceint d'un lien entre nous d'une idylle analogue;
Au menu de l'automne au seuil du long hiver,
La fin d'une existence et sa plus noble issue,
J'imagine nos corps sous un beau manteau vert
De lierre, d'aubépine et d'herbe décousue
Et enfin le miracle un jet éblouissant,
Un céleste rayon caressant les ramées,
Transperce notre dais douillet; nous transformant
En deux beaux papillons aux ailes bigarrées
S'envolant vers les Cieux d'un amour éternel...
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