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Français, il faut que je vous dise :
Dès à présent changez de mise ,
Quittez le port du pessimisme
Pour les habits de l'optimisme.
J'aime vos visages,
Que le sourire rend beaux,
J'aime vos villages
Nichés à flanc de coteaux (1)
Et vos pâturages
Où gambadent les veaux
Et le grand fleuve sage (2)
Émaillé de châteaux.
Alors pourquoi cette mine sévère?
Pourquoi ce front austère,
Au lieu de se réjouir
De ce que Nature peut offrir?
Le pessimisme , semble-t-il ,
Sport favori en France,
Coupe l'effort subtil
Des ailes d'espérance.
On s'obstine ainsi à voir
Le mauvais côté des choses
Et à ne pas vouloir
En démêler les causes.
A moitié vide est la bouteille
Plutôt qu'à moitié pleine,
Demain sera pire que la veille
Dit la vieille rangaine.
On ne peut goûter l'éclaircie
Car bientôt il va pleuvoir,
Ni jouir vraiment de la vie
Car la fin est à prévoir.
On craint de s'engager
Dans un amour sincère
Mesurant les dangers
Des liaisons éphémères.
Pourquoi cette retenue,
Cette peur du bonheur?
La joie est bienvenue,
Cherchons-la dans nos cœurs.
Car il suffit d'un rien,
De changer d'état d'âme,
Pour rire du destin,
Ranimer une flamme.
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(1) cf. Le film d'Agnès Varda "Visages, villages".
(2) La Loire.
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