|

L'été soixante treize éveillait le désir,
elle, avait dix ans moi j'en avait bientôt onze,
Mon Dieu qu'elle était belle élégante à ravir,
Ses jambes, ses bras à la couleur de bronze
Reflétait le soleil; son grain de peau soyeux
Je ne peux l'oublier, c'était à la Prétière
En pays Franc-Comtois, un endroit merveilleux;
J'aimais bien son prénom celui de Marie-Claire
Et ses jolis yeux bleus profond comme le ciel.
La source, les oiseaux tout jasait sous l'ombrage,
Epousé par les fleurs, l'herbe avait un goût de miel,
La pureté planait autour de son visage,
J'étais un jeune enfant, berger au Paradis,
Poète sur l'Olympe effleurant la dentelle,
Découvrant la beauté, la tendresse, tandis
Que son rire charmant fusait à tire-d'aile
Mes lèvres lui volaient de lumineux baisers
Qui semblait dans mon âme une noce de roses,
Je découvrais enfin cette force d'aimer
Qui dépasse de loin les plus sublimes choses.
Oh! bonheur de l'enfance, oh! miracle du jour,
Ma belle avait mangé quelques cacahuètes,
Sa rose bouche avait la saveur de l'amour,
Le charme d'un vin doux, sous l'ère des fauvettes.
Et encore aujourd'hui quarante huit ans plus tard,
Quand je sens l'arachide ou même que j'en mange
Me revient à l'esprit l'être au joli regard,
Cette fille aux yeux bleus aussi belle qu'un ange.
|