|

Marie, aime les fleurs, surtout la rose blanche,
Et la jaune et la rouge, elle aime aussi l'oiseau,
Le nid, ce qui se pose à l'ourlet de la branche,
Du rossignol au geai. le bruissement de l'eau
Lui cause du bonheur, aussi bien que la muse,
Il suffit d'un massif de scilles où d'oeillets,
Pour la voir resplendir, la moindre abeille amuse
Sa nature agréable et s'en vient les reflets,
Dans ses yeux d'une aurore au combien estimable.
J'aime à la voir sourire au seuil de la forêt,
Sait-elle les secrets du chêne et de l'érable,
Du mythe du printemps à l'heure du muguet?
Nul doute que son coeur de tendresse s'envole,
En écoutant un air, elle peut à genoux
Suivre quelques fourmis; son âme est une école
Que visite le rêve et son amour absous,
L'espère du renard, la traque du rapace.
Avec la perle aux yeux, elle sait qu'en avril
Arrive l'hirondelle et que d'un coup s'efface
Les brumes de l'hiver, que bientôt le babil,
La musique des bois, enchanterons la vie,
Que de choses, que d'or, touchent son encrier,
Au ciel de son esprit tout devient poésie,
Pour le monde des sens sa plume est un herbier.
On ne peut s'y tromper, si sa voix est timide,
Son âme est si profonde et le ton si touchant,
Que sa fragilité n'a pas pris une ride;
Elle parle à ses chats comme le fait l'enfant,
Avec des mots choisis dans l'onde et la dentelle,
C'est un être adorable, aux pouvoirs merveilleux,
Son timbre est avenant, c'est un battement d'aile,
Léger comme l'encens qui caresse les Cieux.
Pour elle, tout est pur et demeure magique,
De l'ombre au plein soleil, si l'amour est présent,
Même face au serpent, son encre est romantique,
La place pour chacun, voila son testament.
|