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Pour comprendre l'amour, qui se mêle à mon sang,
Il faut connaître un peu ma campagne émeraude;
Soliste, à ton archet, ce poème est un chant,
Il commence à Bavans, puis sans cesse maraude
Au bruissement de l'eau, succède le son clair
D'un vieux clocher Roman, s'en allant à confesse,
C'est un phrasé d'or, dont seul le Comtois sait l'air,
De l'aurore au couchant, à chaque âme, il adresse
Le sens de ce pays, ses coutumes, ses mœurs,
Ses musiques d'oiseaux, parfois son lourd silence,
Là-bas même les bois attendrissent les cœurs;
C'est d'ailleurs aujourd'hui l'esprit de cette France.
Le graal, c'est de pouvoir avec des mots, saisir
La beauté du terroir, ce que le regard, touche,
Peut émouvoir chaque être et même l'éblouir;
Artiste, à tes pinceaux, saisi, le Doubs farouche,
Il serpente tranquille à travers son écrin,
De blés, de chênes verts et son miroir flamboie.
Aux beaux jours de l'été, dans sa robe satin,
Tel Courbet, j'aime voir la Loue à claire-voie.
Au pas lent des saisons, de la neige, aux bijoux
Floraux, des creux chemins, sa palette à l'automne
Angélise les bois, ces beaux vers que je couds,
S'attisent tendrement quand la plume frissonne.
Ce que ma plume écrit au vif du parchemin,
Parfume de foin blond ce manuscrit d'enfance,
C'est l'encre de l'azur que caresse ma main;
Alliance d'amour, limpide providence,
Je parle d'un pays, serti de mille fleurs,
Mes premiers souvenirs, ainsi que ma naissance,
Fleurent bon l'herbe tendre et c'est nul part ailleurs,
Que peut battre mon sang, pareille dépendance,
Aucun autre berceau, ne pourra remplacer,
Mon repaire Comtois, mes charmantes collines.
Des scilles, des oeillets, je veux être berger,
C'est au pied du Mont-bart que plongent mes racines.
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