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Au début de l'été quand je reviens chez moi,
Est-ce la nostalgie où la réminiscence?
La fleur, l'aube et l'oiseau s'assimilent à toi;
Je retrouve à Bavans ma chétive innocence;
Au milieu des moissons quand se lève le jour,
Sur les hauts de Bel Air, un arbre me rappelle
Le serment immortel de mon premier amour,
Un livre souvenir effleure ma prunelle,
A deux pas de mon nid, gravé sur un vieux tronc,
Au centre d'un grand cœur, imitant ma mémoire,
Trône, comme en mon âme un fabuleux prénom,
Ce romantique écrit, c'est ma plus belle histoire,
Si cet endroit m'est cher, c'est qu'il parle d'avant,
C'est un chemin de fleurs que je me remémore,
Cette première étoile annonçait à l'enfant,
Qu'une fille à cet âge est semblable à l'aurore;
Je buvais à la source un avril merveilleux,
L'odeur du foin coupé caressait mon enfance
Et j'avais le soleil incessant de tes yeux
Mesurant ma tendresse autant que ma romance;
Dans l'océan des blés, ondoyant de remous
A l'heure du berger, bercé par les mésanges,
Un long frisson d'amour flamboyait entre nous,
Des trésors pleins les mains, heureux, j'étais aux anges.
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