|
Depuis que je l'ai vu, je ne suis plus le même,
Si vous la connaissiez, peut être comme moi,
Elle, vous charmerait d'une façon suprême,
Un bonheur éperdu met mon cœur en émoi;
Oh ! si j'étais sculpteur de tête et de mémoire,
Ma trempe épouserait ses merveilleux contours,
Son visage élégant où l'aube s'en vient boire
Au calice des Dieux le profil de velours;
Le moindre grain de peau, chez elle, s'angélise,
Des cheveux, aux orteils tout devient floraison,
En plus de la beauté, son âme est une église;
Comment en la voyant ne pas perdre raison.
Sa délicate bouche est d'un teint écarlate,
S'y pose un rossignol par les nuits de printemps,
Sa voix imite l'art d'une douce sonate
Avec un air pareil je l'aime pour longtemps.
Cette femme est divine et mon âme l'adore,
Et bien avant le jour en plein coeur de la nuit
Quand elle ouvre les yeux, il semble que l'aurore
Réveille le soleil et d'amour me poursuit.
A l'ourlet de son front, ses sourcils son deux voûtes,
D'où s'envole en plein ciel une paire d'oiseaux
Au plumage royal, de l'or en fines gouttes
Caresse son iris, ses cils, tendres roseaux
Ombragent avec douceur ce brûlant purgatoire,
Il faut voir une fois son regard merveilleux
Pour flairer le trésor, plus riche que l'ivoire,
Et les flèches d'amour que lancent ses beaux yeux
A chaque clignement, sont autant un mystère
Que son rire d'enfant au frôlement fatal.
Le soir allume en elle un charme légendaire
Qui verse sur mon coeur les reflets du cristal.
|