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Je sais qu'aux rossignols, pour toujours sont éteints
Les foyers; avec eux ma jeunesse envolée;
Je parcours aujourd'hui mes souvenirs lointains,
Toute l'eau franc-Comtoise attise ma pensée.
Les oiseaux du printemps, à tire-ailes ont fui,
C'est souvent après coup que la lumière explose,
Ce qui fait sa valeur aux confins de la nuit;
Les soirs d'automne à l'heure où le chagrin se pose,
En retroussant chemin, je m'en reviens pour toi,
Hâte de te revoir autrement qu'en un rêve,
Pour retrouver enfin, ce que le temps me doit,
Des lustres de plaisir, que mon âme soulève,
Léger comme l'air pur des beaux étés d'antan,
Je songe à ces matins au bord de la rivière,
A la blonde douceur du soleil miroitant,
Quand le bonheur coulait ainsi qu'une prière.
Nos projets ces jours là, dés l'aube évidemment,
Guidés par notre amour pour la pêche magique,
Taquiner les gardons au long d'un clair courant,
Parmi les verts décors d'une France idyllique.
Un nylon me relie au cocon de Bavans,
A travers un miroir le seuil de l'existence,
Au flanc des verts coteaux, de mes premiers printemps,
Des chemins endormis retrouvent l'innocence.
Au charme du passé, le vallon paternel
Restera l'écrin d'or où ma plume s'enivre,
Il est pour toi, papa ce poème solennel,
La rue aux rossignols à mon âme délivre
Une ombreuse liqueur au parfum de jadis,
Pareil à l'angélus, ressuscite la joie
De ces tendres instants, voila pourquoi ton fils,
Se permet un éloge où la fierté flamboie.
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