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Certains soirs au chevet du mal mélancolique,
Je feuillette un chapitre au livre de mon cœur,
L'ombre réveille en moi l'effluve d'un colchique;
Sous l'ordre de mes doigts la page du bonheur,
Telle une aube d'avril arrose ma fenêtre
Et l'astre aux cheveux blonds éclaire un vieux clocher,
Je revois plein de fleurs, l'endroit qui m'a vu naître,
Dans ce coin Franc-Comtois je redeviens berger.
Puisant l'art au couchant, la tendresse promise,
Un prénom vénéré, je retrouve Bavans
Et les jours endormis, que mon âme à conquise,
Ainsi que l'âge d'or, celui de mes dix ans.
Je n'étais qu'un enfant, timide et solitaire,
Un opulent trésor, caressait ma raison,
L'alcôve archange accueillait mon repaire;
A l'abris d'un vieux chêne au cœur d'un vert vallon;
Attendrissant duvet la plaine à cette époque
Caressait les rubis, rouge coquelicots
Et blés resplendissants, paysage baroque
Illustrait mes cahiers. au bois des mille échos
Sous le feuillage ombreux, j'écrivais en cachette
Des poèmes naïfs, pour celle qui serait,
La fleur de mon printemps, j'effeuillais la fleurette
En espérant connaitre un visage parfait.
Ce bonheur arriva sous un soleil de braise,
Linceul évanescent le vestige est sournois,
Ca semble déjà loin, en août soixante treize,
Le lieu la Prétière un Paradis Comtois.
Elle, se nommait Claire et sans être Andalouse
Rien qu'en la regardant le cœur battait si fort,
Son regard d'Océan aurait rendu jalousent
Aphrodite et Vénus; sa peau c'était de l'or,
Dans une robe à fleurs, mon Dieu qu'elle était belle,
Un grain si merveilleux que les blés à côté
Semblaient terne et minable. un mot me la rappelle
C'est celui de "merveille", oh! le divin péché;
En caressant sa peau, la plus douce des choses,
J'accédais au bonheur au milieu des épis,
Je tutoyai les Cieux rien qu'en cueillant ses roses,
C'est de ce souvenir dont mon coeur est épris.
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