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Au livre de mon coeur

le mardi 02 novembre 2021, à 16:14. Posté par plumeflore


    Certains soirs au chevet du mal mélancolique,
    Je feuillette un chapitre au livre de mon cœur,
    L'ombre réveille en moi l'effluve d'un colchique;
    Sous l'ordre de mes doigts la page du bonheur,

    Telle une aube d'avril arrose ma fenêtre
    Et l'astre aux cheveux blonds éclaire un vieux clocher,
    Je revois plein de fleurs, l'endroit qui m'a vu naître,
    Dans ce coin Franc-Comtois je redeviens berger.

    Puisant l'art au couchant, la tendresse promise,
    Un prénom vénéré, je retrouve Bavans
    Et les jours endormis, que mon âme à conquise,
    Ainsi que l'âge d'or, celui de mes dix ans.

    Je n'étais qu'un enfant, timide et solitaire,
    Un opulent trésor, caressait ma raison,
    L'alcôve archange accueillait mon repaire;
    A l'abris d'un vieux chêne au cœur d'un vert vallon;

    Attendrissant duvet la plaine à cette époque
    Caressait les rubis, rouge coquelicots
    Et blés resplendissants, paysage baroque
    Illustrait mes cahiers. au bois des mille échos

    Sous le feuillage ombreux, j'écrivais en cachette
    Des poèmes naïfs, pour celle qui serait,
    La fleur de mon printemps, j'effeuillais la fleurette
    En espérant connaitre un visage parfait.

    Ce bonheur arriva sous un soleil de braise,
    Linceul évanescent le vestige est sournois,
    Ca semble déjà loin, en août soixante treize,
    Le lieu la Prétière un Paradis Comtois.

    Elle, se nommait Claire et sans être Andalouse
    Rien qu'en la regardant le cœur battait si fort,
    Son regard d'Océan aurait rendu jalousent
    Aphrodite et Vénus; sa peau c'était de l'or,

    Dans une robe à fleurs, mon Dieu qu'elle était belle,
    Un grain si merveilleux que les blés à côté
    Semblaient terne et minable. un mot me la rappelle
    C'est celui de "merveille", oh! le divin péché;

    En caressant sa peau, la plus douce des choses,
    J'accédais au bonheur au milieu des épis,
    Je tutoyai les Cieux rien qu'en cueillant ses roses,
    C'est de ce souvenir dont mon coeur est épris.

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