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Décolorés comme fétus
Sans soleil ni sève vitale,
Des pétales flétris et pâles
Ainsi sont ses jours devenus.
Rien de ce qu’il fait ou n’essaie
Quelquefois d’un maladroit geste,
Seule étincelle qui lui reste,
Ne ranime son cher passé.
Comme une nostalgie le berce…
Sous le chêne une balançoire
Vole, perdue dans sa mémoire
Qu’un flot de souvenirs traverse.
S’y abandonnaient ses enfants
S’inventant mille et une histoires
De loups sortis de vieux grimoires,
De fées, de mages, de géants.
Dehors le plantain est blason
D’un royaume de folles herbes,
Son jardin autrefois superbe
Aujourd’hui est à l’abandon.
Seul un voisin parfois l’égaie
De l’heure grise à la pendule,
Des murs tristes de sa cellule,
Lui glissant un mot d’amitié
Et c’est le corps usé, bien las,
Loin de celle qu’il a aimée,
Tournant lentement sa cuiller,
Qu’il finit son maigre repas
Car le vieil homme n’a plus foi
En ces longs soirs qui se résument
Après sa soupe de légumes,
A fermer ses volets de bois.
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