|
"Maman", toujours ce mot vient éclore à mes lèvres
Et longtemps oh! seigneur il vibre sur mon cœur,
Agrippe les rayons, comme un vase de Sèvres.
Ce nom je sais son poids, je connais sa valeur,
je suis fort, cependant comment pourrais-je vivre,
Sans ce vital amour, son aile étend sur moi
Son pur enchantement, à l'image d'un livre
Il enrichit mon âme et me dicte une loi,
Celle de rendre un peu, de grâce maternelle
Alors voila pourquoi, ce soir je me résous
A t'écrire maman; ma tendresse fidèle
Et que cet écrit soit un écrin de bijoux,
Une aube pour tes yeux, ruisselante, admirable,
Cette exquise douceur qui guérit du cafard,
De l'absence, de tout, trésor inestimable,
Ce soleil intérieur, ce merveilleux égard
Que l'on doit à sa mère, ainsi ma gratitude,
Touchera je l'espère un peu de ton esprit,
M'en voudras-tu vraiment, si j'ébauche un prélude,
Une trame en dentelle où s'efface la nuit;
Un fil d'or entre nous, à dessein que tu saches
Combien je pense à toi, le matin comme au soir,
De tous mes passe-temps, la seule de mes tâches
Qui vaille bien le coup, qui ne peut decevoir.
C'est ce bouquet de vers, il est ce qui demeure,
Ce qui te restera, qu'il soit à ton chevet,
la musique du vent, du soleil à toute heure,
Au revers de cela, je n'ai qu'un seul souhait
Celui de ton bonheur, du ciel j'envoie un ange
Pour qu'il parle aux oiseaux et transforme les fleurs,
Et demain au printemps, écoute la mésange,
Surveille la jonquille et les cieux enchanteurs.
D'une immense sagesse, eux seuls, sauront te dire
Ce que disent mes mots, mais d'un art bien plus grand.
Pour un coeur délicat, une aile est un empire
Et la fleur une chance alors pour toi, maman
Un message, un bouquet, des roses, des pervenches,
J'ai plié ce billet à l'exact milieu,
Ce qui donne au final, deux belles ailes blanches,
Pour que ce pli d'amour, te vienne droit des cieux.
|