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Sans qu'il soit professeur ou maître des écoles,
Un livre peut parfois dans l'âme déversé
Son univers en fleur, par de simples paroles
Ou l'écume d'un mot, un destin est tracé.
Ceux qui n'ont pas un jour lu les vers sur Cassandre,
L'étranger de Camus, madame Bovary,
La belle du Seigneur, ne pourront pas comprendre.
La merveille d'un verbe au détour d'un écrit
Prélève la beauté, le don d'une nature
Ouverte à la pénombre ou l'or d'un sentiment
Tout cet exquis nectar, que l'écrivain capture
Cultive le lecteur et l'entraîne souvent
Sur les chemins féconds du monde et de l'histoire;
La ferme ravissante où chatoie un amour,
La guerre et les poilus en route vers la gloire,
Chaque recueil exhale un parfum parfois lourd.
Comme d'autres, à l'âge où dans le cœur s'ébauche
L'essence et la pensée offerte à tout chacun,
J'ai caressé le cuir que tout enfant chevauche
Un livre merveilleux, d'un rêve, le regain.
Pour ma part le graal fut, le château de ma mère,
Lire dans un grenier l'enfance de Pagnol
Aura sculpté ma lyre et ma plume légère,
J'ai depuis dans le cœur un divin rossignol.
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