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C'était un soir d'avril dans un vallon plaisant,
Le ciel à l'Occident inondait d'or les branches,
Ailleurs les cerisiers étaient en robes blanches.
Le cœur est solennel à cet âge innocent,
Ce jour là, je rimais le tout premier poème,
De ma timide main s'écoulait quelques vers,
Assis, parmi les fleurs, incliné sur moi-même
Je sentais naître en moi, l'âme de l'univers.
Ivre de mon succès sans aucune morale,
Pris d'un bonheur sans nom, mystérieux espoir,
Je rêvais des lauriers que le talent exhale,
Me projetant déjà dans le noble couloir.
Sur le sentier fleurit d'un monde séculaire,
La musique des sons caressait mon esprit,
Je cueillais chaque mot pour offrir à ma mère,
Le bouquet merveilleux d'un amour infini.
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