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Chaque fois qu'un plaisir à mon âme s'empêche,
Je m'invente une vie idéale à mes yeux,
Du côté de Belleherbe où le plateau de Maîche.
Avant tout je choisis, un endroit merveilleux,
Comme l'était Bavans au temps de mon enfance,
Que l'on ne peut qu'aimer. l'aube venait s'asseoir,
Irisant les trésors de la secrète France;
L'odeur des fenaisons envahissait le soir;
Aux premiers jours d'été, la plaine était si douce
Que mon terroir natal palpitait de bonheur,
l'arbre s'angélisait, avant la moisson rousse
Qui deviendrait de l'or, de pétales en pleur.
J'aimerais revenir au temps de la jonquille,
Sentir en moi courir, l'eau de l'amour nouveau,
L'évanescent frisson pour une blonde fille,
Faire un bouquet de fleurs, en écoutant l'oiseau;
Sur les Hauts de Bel Air, effeuiller marguerite
Au cloître de l'orée en admirant les Cieux
Au soleil du matin, que l'alouette invite,
Marcher main dans la main et les yeux dans les yeux.
De roses, couronner sous le couvert des branches,
Au cristal frais des eaux de la rieuse avril,
Tout charger du parfum des aubépines blanches.
Entre adulte et enfant, se tenir sur un fil.
Lorsque le vent de mai, chargé de poésie
Caresse en papillons les blancs joyaux du jour,
Chaque fois que mon lieu devient allégorie,
Renaît l'appel du cor de mon premier amour.
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